Communiqué de Presse 09/2004
Berlin, le 6 octobre 2004
Le Conseil national d'éthique publie un avis sur la délivrance de brevets pour les inventions biotechnologiques
Après plusieurs mois de consultations intensives, le Conseil national
d'éthique présente ce mercredi son avis sur "La délivrance de brevets pour les
inventions biotechnologiques utilisant des matières biologiques d'origine humaine".
Le Conseil national d'éthique recommande à la majorité de transposer le plus rapidement
possible dans la législation nationale la directive de l'Union européenne relative à
la protection juridique des inventions biotechnologiques. Il part du fait que le projet
de loi présenté par le gouvernement fédéral vise à limiter l'étendue de la protection
conférée par les brevets et recommande des mesures, au besoin en dehors du cadre du
droit des brevets, devant garantir une information suffisante des donneuses et des
donneurs et une preuve de leur consentement. En revanche, d'autres réglementations
ne sont pas nécessaires: on pourrait continuer à laisser la pratique décider du
maniement concret de la protection des substances, ainsi que de la limitation et
de la concrétisation de la protection conférée par les brevets. Le développement
futur et notamment la pratique des tribunaux et des offices des brevets devraient
toutefois faire l'objet d'une observation attentive, et ce, en particulier en ce
qui concerne l'usage de la protection des substances et celui des interdictions
de délivrer des brevets pour des raisons d'ordre public, ainsi que le maniement
de l'attribution de licences obligatoires que le projet de loi prévoit de faciliter.
Si des problèmes devaient se poser, ils devraient donner matière à engager une
demande de modifications et de précisions au niveau de l'Union européenne.
Dans un vote allant plus loin, onze membres du Conseil national d'éthique préconisent
de saisir pleinement les chances existantes de préparer ses propres réglementations,
comme c'est le cas dans d'autres Etats membres de l'Union européenne, et regrettent
que pour une raison de temps il ne soit plus possible de contrôler la directive sur
toute une série de points fondamentaux. Ils proposent donc de mentionner les corrections
nécessaires dans l'exposé des motifs de la loi et de les communiquer le plus rapidement
possible à la Commission de l'Union européenne. En ce qui concerne la réglementation
légale elle-même, il convient:
-
de limiter l'étendue de la protection de la revendication d'un brevet à l'application
technique d'une fonction exposée de façon concrète dans la description du brevet;
-
d'énoncer clairement la non brevetabilité des substances reproductives humaines, des
organes humains, des cellules souches et des lignées de cellules souches embryonnaires humaines;
-
de rendre obligatoire la preuve de la provenance des substances biologiques d'origine humaine et non humaine;
-
de prévoir obligatoirement un consentement libre et éclairé des donneuses et des donneurs;
-
d'insister sur la nécessité d'une interprétation la plus restrictive possible de l'invention.
L'avis sur "La délivrance de brevets pour les inventions biotechnologiques
utilisant des matières biologiques d'origine humaine" est
consultable sur le site Internet du Conseil national d'éthique
à l'adresse http://www.ethikrat.org/_francais/publications/avis.html
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